La bonne musique Soul, Hip-hop, Funk, Jazz a-t-elle un réel public ici, en France ?

La BONNE MUSIQUE Soul, Hip-hop, Funk, Jazz a-t-elle un réel public ici en France ? Oui ! Je le pense !
Alors pourquoi ce public (c’est à dire vous) n’est il point reconnu par l’industrie ?
Vous qui avez une démarche sincère envers nous et qui restez fidèles, pourquoi avez-vous si difficilement accès à notre musique ?

Voici donc le débat lancé par Sly Johnson sur la bonne musique. En effet, un réel problème existe entre l’industrie Française et cette musique. Pourquoi ? Je suis sans doute trop jeune pour avoir la vraie réponse à cette question. C’est pourquoi j’ai attendu de lire les réactions des uns et des autres pour construire ma réflexion. Et malheureusement, le tout reste très flou à mes yeux mais je vais tenter de rester le plus objectif possible.

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Pour certains, l’industrie de la musique est devenue un business. De ce fait, les maisons de disques choisissent de promouvoir une musique « facile » et qui touche le grand public. Dur donc, pour les acteurs de la bonne musique de se faire une place auprès de ce dernier (je ne dis pas non plus que le grand public n’écoute que des navets, quoi que…). Les majors choisissent même, parfois, de sortir des aberrations comme Blue-Eyed Soul de Dave... Ouch, mes doigts ont eu mal en tapant ce nom ! On ne peut pourtant pas dire que des artistes comme Féfé (Polydor), Elisa Jo (Mercury) ou Hugh Coltman (Mercury) soient de mauvais artistes… bien au contraire. Mais le constat est là: ce n’est pas sur ces artistes que les maisons de disque choisissent de miser. Ces artistes se battent tant bien que mal pour se faire entendre auprès du public et à la radio, et leurs principaux leviers de communication s’appellent Twitter et Facebook. Je me suis aussi rendu compte que certains pseudos journalistes n’avaient que peu de conviction en écrivant leurs articles et qu’ils se permettaient quelques largesses. En effet, pour Konbini (68 000 fans Facebook), Dinner At The Thompson’s n’a sorti qu’un seul album, et pour RTL (excusez du peu) Back Ground est le titre du premier single d’Elisa Jo (Back Around, c’est mieux – Une lecture m’aura suffit à me rendre compte de cette grossière erreur).

On peut donc se dire que c’est parce que le public n’est pas présent et ne permet pas de faire assez de chiffre que la bonne musique est en berne. En effet, comme le dit si bien Dj JP sur son blog, « les amoureux de musique existent certes, ils ont accès à cette musique […] mais combien ont les disques en physique ?? combien les ont achetés légalement sur iTunes ?? combien vont aux concerts ??? ». Le piratage est devenu un problème important pour le secteur musical et je passe parfois, pour ma génération (-25 ans), pour un véritable extra-terrestre qui achète tous ses disques. Mais ce sont bien les concerts qui, au dire des rumeurs, rapportent le plus de sous aux artistes. Et pour ces derniers, je ne peux m’empêcher d’être plus mesuré et d’en revenir à la « musique business ». Ainsi, il est, à mon humble avis, consternant de programmer Lalah Hathaway et Esperanza Spalding le même jour. Messieurs les programmeurs, pourquoi vous tirer une balle dans le pied en vous privant d’un public potentiel ? Il est tout de même vrai que certains artistes n’attirent pas foule, sauf lorsque leur concert est gratuit, et qu’un brouhaha insupportable sort d’un public qui est finalement là pour parler et non pas pour l’artiste. Et c’est aussi ce pseudo public qui rend la chose compliqué. C’est le même qu’on peut entendre dire « Oh ! Cet artiste déchire ! » lors d’un festival pour oublier ensuite le nom à la seconde où David Guetta fait son entrée.

De mon côté, je ne peux m’empêcher de penser que la bonne musique est de toute manière universelle, et que le public sera forcément présent, si et seulement si, les maisons de disque font correctement leur travail. Mais c’est bien là que le bât blesse. Les majors ont-elle réellement envie de consentir ces efforts ? Eh bien non, il est tellement plus simple de rester sur ses acquis et de ne pas prendre de risques, même si peu importants. Côté public, du mien donc, il n’est, certes, pas énorme, mais je ne ressens pas non plus l’envie commune de partager une passion, et donc d’agrandir ce cercle. Et je me retrouve donc à dire que les artistes se retrouvent finalement assez seuls dans leurs démarches, avec les réseaux sociaux comme seuls grands outils de communication. Mais malheureusement, les places sur Internet valent cher. La quantité d’informations est bien trop grande pour être sur de faire le buzz sans sortir un Gangnam Style ou autre pseudo Harlem Shake… Et là encore, mes doigts ont mal ! C’est ici que je rejoins DJ JP lorsqu’il dit qu’ « il est aussi important que les artistes ne tournent pas le dos à leurs devoirs. Qu’ils prennent la route, assument leurs succès ou leurs échecs, aillent à la rencontre de leur public, qu’ils lui soient fidèle et il le leur rendra. C’est sûr !!! ». On dit que la roue tourne… et j’ai bon espoir que ça soit bientôt le cas !! En espérant pouvoir aider au changement avec ce blog…