[Interview] Shameem

Il y a maintenant plus de 2 mois, j’ai rencontré Shameem, une chanteuse originaire de Perth, en Australie Occidentale. Merci à elle de m’avoir accordé du temps !

Shameem - Interview

Salut Shameem, est ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
Salut, je m’appelle Shameem, je suis une auteur, compositrice et interprète de nu-soul, originaire de Perth en Australie Occidentale.

Ton album sort prochainement, qu’est ce que tu peux nous dire sur celui-ci ?
C’est un album de nu-soul, mais cette fois-ci (c’est son second album), j’ai pris un peu plus de risque : j’ai essayé d’intégrer d’autres influences à ma musique. Il y a par exemple un morceau plus typé reggae, ou d’autres morceaux dans lesquels j’ai intégré mon héritage moyen-oriental. Mais ça reste tout de même un travail de musicalité et d’histoire racontée par ma musique.

En parlant de ton héritage, ton père est chino-malaisien et ta mère est iranienne. Comment est ce qu’ils influent ta musique ?
C’est une question intéressante. Il y a encore quelques années, cela n’influait pas vraiment sur mon travail. Mon père a quitté la Malaisie très jeune pour étudier en Angleterre avant de venir en Australie, et ma mère a quitté l’Iran à l’age de 15 ans. Ils ont donc plutôt été influencé par la musique occidentale. Il y a donc quelques années, j’ai eu le désire de reprendre contact avec mes origines. J’ai écouté un peu de musique iranienne, des chants plutôt religieux que j’ai trouvé intéressante et mystique. J’ai essayé d’incorporer certains de ces éléments dans mes chansons. Mais je pense que ce qui a le plus influencé la façon dont j’écris mes musiques est le fait d’être métissée parce que j’ai l’impression de ne pas pouvoir m’intégrer tout en trouvant ma place un peu partout.

Mis a part celles-ci, quelles sont tes autres influences ?
En ce qui concerne l’écriture, je suis plutôt influencée par de nombreux artistes soul. Lorsque j’étais jeune, j’écoutais souvent Alicia Keys parce que j’étais la fille qui chantait et qui jouait du piano, et qui voulait devenir comme elle. Sinon, j’ai grandi en écoutant Michael Jackson, et je pense que cela se ressent dans ma musique. J’apprécie aussi des artistes comme Jill Scott par exemple. Ce que j’aime aussi, c’est l’idée de composer une musique parfaite, et c’est pour cette raison que j’adore Sting. J’aime beaucoup sa manière de composer une musique et d’écrire les paroles. En fait, j’écoute un peu de tout: mes parents écoutent beaucoup de musiques des années 70 voire même classique.

Comment l’idée de devenir chanteuse t’ai venue, comment cela à commencer ?
Je pense que j’ai toujours chanté. Lorsque j’avais 6 ans, j’ai été choisie pour chanter avec ceux qui en avaient 12. Je savais, à ce moment que la musique allait prendre une part importante de ma vie. Je me rappelle que j’avais écrit vouloir devenir une pop star lorsque mes professeurs m’ont demandé ce que je voudrais être lorsque je serais plus grande. A ce moment, cela ne voulait pas dire grand chose. Mais lorsque je suis arrivée au lycée, j’ai eu cette prof de chant complétement folle et géniale. Elle était chanteuse professionnelle, et c’est à ce moment que je me suis dit : « si elle peut le faire, je peux moi aussi ». Depuis, j’ai commencé à travailler vraiment sérieusement.

En tant que chanteuse, tu es une artiste indépendante, est ce que cela est un choix ?
Au début, j’étais une artiste indépendante parce que je n’étais qu’une étudiante. Je composais donc mes propres musiques et j’ai sorti mon premier EP de manière indépendante. Mais maintenant, avec cet album, j’ai décidé de le faire écouter à certaines personnes. J’ai eu quelques retours de personnes qui apprécient vraiment l’album mais qui ne veulent pas signer de nouveaux artistes. Dans un sens, je pense que cela est bénéfique parce que je garde le controle sur ma musique et je peux donc faire mes propres choix.

Est ce que tu as étudiée dans une école de musique ?
J’ai pris des cours de piano lorsque j’avais 7 ans puis j’ai continué à l’école. Après le lycée, j’ai pris une année sabatique pour faire du bénévolat à Alice Spring qui se situe en plein milieu de l’Australie, une expérience géniale. A la fin de cette année, j’ai passé les auditions pour WAAPA (Western Australia Acadamy of Perfoming Arts), et j’ai été acceptée. J’ai donc commencé les cours et j’ai maintenant une licence en Jazz avec une majeure en composition et arrangement.

WAAPA a l’air d’être une super école et Perth a une belle scène musicale. Qu’est ce que tu en penses ?
Je pense que Perth est un endroit très intéressant du fait que la ville est très petite et isolée mais pleine de talents. Il y a beaucoup de bons artistes qui viennent de Perth. Il y a même des artistes qui ont décidé de tenter leur chance à l’étranger et qui ont réussi. Vivre à Perth et voir les gens poursuivre leurs rêves, créer leurs musiques et attirer l’attention est une source d’inspiration. C’est en quelque sorte une petite scène en plein essor.

Que penses-tu de la Soul en Australie ?
On me dit souvent que je ne fais pas quelque chose de très intelligent en faisant de la Soul en Australie parce que « Personne en Australie ne veut entendre de Soul » ou encore « qu’il n’y a pas de marché pour ce style musical ». Je pense que la Soul en Australie a toujours été une niche contrairement au rock ou à la country. C’est une petite niche underground. Mais il y a de plus en plus de personnes qui commencent à en écouter. Cela coïncide surement avec le fait que l’Australie devient de plus en plus mixte culturellement parlant.

Et si tu pouvais choisir un artiste avec qui collaborer, lequel choisirais-tu ?
Je pense que ça devrait être Sting. J’aime vraiment sa musique alors s’il venait et me disait « Voudrais-tu chanter une chanson sur scène avec moi », je pourrais m’en aller directement au paradis.

Pour finir, quelle est la suite de tes aventures ?
On a sorti le single Beautiful Soul et pour fin 2014 / début 2015, on devrait sortir le nouvel album, et un nouveau single. Je partirais ensuite en tournée en Australie, et j’espère bien avoir des opportunités autre part dans le monde, et plus particulièrement lors de festivals.